Jardinage au naturel

Le Jardin des simples

Les « Simples » ou plantes médicinales que l’on cultivait dans tous les jardins et surtout dans ceux des moines et des Hôtels-Dieu (hôpitaux), sont ainsi appelés parce qu’on les utilisait seuls, « simplement » : par opposition aux « composés ».

 

Ils servaient à la médecine, à la cuisine (la cuisine médiévale utilise beaucoup de plantes aromatiques et d’épices), aux soins de beauté ; au Moyen-Age on prenait beaucoup de bains (les riches avaient leur baignoire et leurs étuves particulières ; les pauvres allaient aux bains de village ou aux bâtiments tenus par les étuviers et les étuvières). Les bains étaient le plus souvent « herbés ». Enfin, les herbes servaient à l’hygiène quotidienne de la maison.

On faisait sur le sol « la jonchée« , c’est-à-dire un tapis d’herbes, qui selon la saison était d’herbe fraîche, ou de plantes aromatiques ou de paille. Lorsqu’un enfant la salissait, il n’y avait qu’à balayer l’endroit précis et renouveler la jonchée (c’était plus hygiénique et plus facile que de détacher une moquette…).

La mélisse ou citronnelle, est une plante aromatique très anciennement connue:

– l’eau de mélisse est un calmant; – les feuilles fraîches sont employées en friction contre les piqûres d’insectes;
– la plante mellifère aromatise les vins blancs, les marinades de poissons, les salades, les omelettes.
La citronnelle chasse les insectes, notamment les moustiques.

Le thym, très employé comme condiment et en tisane digestive, servait à la jonchée des maisons.
Les sommets des tiges fleuries sont excitants et aromatiques, on les emploie en infusion contre les bronchites, asthmes et coqueluche. C’est une plante abortive.

L’hysope, était utilisée comme condiment au Moyen-Âge : feuilles fraîches dans les salades ; cuites avec les féculents ou dans les farces. Elle relève les poissons et se marie avec le porc, le mouton et les saucisses ; parfume le vinaigre. Les sommets des tiges fleuries sont utilisés contre la toux et constituent un stimulant stomachique ; excite l’appétit et favorise la digestion (en infusion).

Le romarin, est mellifère, il a des vertus toniques et stimulantes. C’est le roi des condiments.

La menthe, son infusion (feuilles) est calmante, antispasmodique et stimulante pour la digestion.
En compresse, elle soigne les douleurs rhumatismales, articulaires et musculaires.

Ces 3 dernières plantes servaient à la jonchée des maisons.

La marjolaine ou origan ; le sommet des tiges fleuries séché est en infusion excitant et digestif. On l’utilise aussi en cuisine et contre la toux. Elle servait à la jonchée des églises, comme le romarin.

Le millepertuis, ou herbe de la Saint-Jean. Il est perforé, d’où son nom : le « pertuis » est le trou. Les fleurs séchées sont en infusion, vermifuges. On l’utilise aussi comme vulnéraire et contre les troubles gastriques, les entérites et les cystites. En raison de ses nombreuses qualités curatives, certains l’appellent « mille vertus ».

La sauge, est la reine des plantes médicinales : le dicton est « qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin »; elle permet de « soigner des pieds à la tête ».
Très conseillée pour la circulation du sang, les troubles digestifs et stomachiques ; elle est aussi bonne pour les organes respiratoires ; et anti-abortive.
Charlemagne prescrivait à ses fermiers d’en cultiver. En cuisine, elle parfume les viandes blanches (veau, porc, volailles) et les poissons (anguilles).
Elle passe pour avoir caché l’Enfant-Jésus aux yeux des soldats d’Hérode lors de la fuite en Egypte. La Vierge déposa l’Enfant dans une touffe de sauge et c’est depuis lors que cette plante aromatique s’élève si haut dans les jardins.

L’estragon ; herbe originaire d’Asie, fut introduite par les Maures. Aromatique, apéritive, antiarthritique, stomachique, elle parfume le vinaigre et les sauces. A Bagdad, on servait l’estragon et la menthe pour « exciter l’appétit et parfumer l’haleine ».

La camomille ; la fleur s’utilise en bains adoucissants et en décoction et compresses pour le soin des yeux et des cheveux. Elle entre dans la composition de vins apéritifs ; en infusion légère elle est calmante, en infusion concentrée, excitante.

La ciboulette, relève le goût des sauces, des salades, des omelettes.

Le fenouil – Aneth, aromatise les poissons et les viandes. Feuilles et racines séchées sont excitantes.

Le persil, originaire de Grèce, est très utilisé dans la cuisine.

Le sureau ; en infusion de fleurs séchées, il soigne les voies respiratoires, les refroidissements, rhumes et grippes ; en compresse, les yeux. Les racines sont vomitives. Les feuilles soignent les douleurs rhumatismales. Les fruits sont sudorifiques et diurétique, on peut en faire des confitures.

La lavande ; du latin avare laver, soigne les maux de gorge, en infusion. On fait du miel de lavande. Elle était cultivée dans tous les jardins des monastères et abbayes.

Le souci ; les fleurs séchées sont antispasmodiques et antivomitives.

Le bleuet, est astringent et sert pour les maladies des yeux.

La primevère officinale, est anti-spasmodique et anti-tussive.

La violette ; l’infusion de fleurs séchées est efficace contre la toux, les racines sont vomitives, la fleur fraîche décore les salades. L’essence parfume les bains.

L’oseille, s’utilise dans les sauces, les potages, les omelettes ; pour la cuisson des poissons, son acidité dissout les arêtes. Elle est un accompagnement très apprécié des viandes ou des poissons.

Le noisetier-Coudrier ; l’écorce est astringente. Les feuilles activent la circulation du sang. Les sourciers utilisent les branches pour découvrir les points d’eau.

La chélidoine, vulgairement appelée « herbe à verrue » contient dans sa tige un suc jaune. Si on dépose chaque jour en cassant la tige un peu de ce suc sur la verrue, elle finit pas disparaître totalement.

L’armoise, est la plante féminine par excellence ; elle guérit la stérilité, empêche l’accouchement prématuré et soigne dans les cas de « fleurs retenues » ou douloureuses. Elle éloigne le mauvais sort et la maladie. Son nom vient de celui de la déesse Artémis : Diane.

Le basilic, soigne la toux, la fièvre, les maladies de cour ; il entre aussi dans de nombreuses recettes culinaires (soupe au « pistou », notamment).

L’absinthe, était utilisée surtout au printemps pour « nettoyer » l’organisme car elle active le foie, la rate et l’estomac et facilite la digestion. Dans la maison et l’écurie, elle protégeait de la vermine et de tous les insectes.

L’anis, calme les douleurs de ventre, accentue la lactation chez la femme et augmente la semence chez l’homme. Il passe pour éloigner les mauvais sorts d’où l’usage d’en porter en collier.

Le genêt, a des qualités diurétiques et cardiaques. Les fleurs se mangeaient en beignets ou en crêpes.

L’iris, était sans doute la fleur la plus célèbre dans la France médiévale. Sa racine est diurétique. Le vin d’iris combat les maux de ventre. La poudre d’iris séché soigne les maux d’yeux et la décoction de feuilles sert aux soins du visage et de la peau. On dit que cette fleur fut choisie par le roi Louis Vil pour être l’emblème des Capétiens et dès lors on l’appela la « fleur de Loys » qui par déformation devint la « fleur de lys » alors que l’emblème primitif choisi par « Loys » autrement dit « Louis » était l’iris.

Le safran ; sa culture et son usage étaient répandus..

La rue, aussi appelée « l’herbe de grâce » est efficace pour les maux d’yeux et de ventre. Elle est anti-aphrodisiaque.

Le serpolet, passait pour éloigner les serpents et aider à guérir leurs morsures. Facilitant la digestion et soignant les coliques, il était aussi beaucoup utilisé dans la cuisine.

Vous pouvez voir un Jardin des Simples en vous rendant au « Jardin d’inspiration Médièvale » situé au pied de la tour carrée de Loudun. Renseignements à l’office de tourisme de Loudun.

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