Arbres et arbustes

Figuier, Figuier comestible ou Figuier commun

Ficus carica L.

Ce figuier de Carie, du nom d’une colonie phénicienne d’Asie mineure, cultivé depuis plus de cinq mille ans autour de la Méditerranée, le plus rustique du genre Ficus, est l’unique représentant naturel sous nos climats d’un genre qui compte quelque huit cents espèces d’arbres, arbustes et plantes grimpantes, pour la plupart tropicales, et cultivées pour leur feuillage ornemental et leur ombrage.

Notre figuier commun donne des fruits comestibles appelés figues.
Le figuier mâle, parfois dit« figuier sauvage », qui ne donne pas de fruits comestibles, est aussi appelé « Caprifiguier » « caprificus, c’est-à-dire« Figuier de bouc »).

Le figuier fait partie de la famille des Moracées, comme le mûrier cultivé pour le ver à soie.
C’est un petit arbre, le plus souvent de trois à quatre mètres de haut, jusqu’à dix mètres dans le midi, au tronc court et trapu, aux branches basses capables de s’enraciner et de coloniser l’espace alentour : le figuier de Roscoff. planté en 1621 et coupé en 1986, couvrait une surface de six cents mètres carrés.

Toutes les parties de la plante (rameaux, feuilles, fruits) sécrètent un latex blanc et irritant, surtout pour les yeux, produit par les cellules lactifères. Ce latex, qui n’est pas de la sève, a souvent été utilisé en médecine puis dans l’industrie, avant d’être supplanté par l’hévéa.

Les feuilles sont caduques, rugueuses, épaisses, assez grandes (jusqu’à 25 cm de long), plus ou moins découpées selon les variétés, munies d’un long pétiole.

La particularité du figuier est que ses fleurs enfermées et Clbrities dans une sorte d’ ume, le sycone, constituent de fait la chair de la figue, les fleurs femelles seules formant une chair comestible.

La figue est une infrutescence dont les fleurs sans contact avec l’air, sont pollinisées par le « blastophage », minuscule insecte proche des guêpes ; c’est la caprification pratiquée depuis I’ Antiquité dans les pays méditerranéens, et exportée en Californie vers 1890.

Cependant, certains figuiers fructifient sans l’intervention du blastophage, ce qui a permis de les acclimater dans les régions trop froides pour l’insecte, comme l’Ile de France avec la figue de Versailles ou Blanche d’Argenteuil.

Ennemis et maladies

Le figuier est un arbre robuste peu sensible aux maladies. à l’exception du chancre du figuier (Diaporthe cinerescens), la seule maladie ayant une incidence économique.
Il a aussi quelques parasites ennemis : la cératite ou mouche méditerranéenne des fruits. le scolyte du figuier, les longicornes (Hesperophanes fascilatus et Hesperophanes griseus, le kermès virgule (Lepidosaphes conchyformis) ou le céroploste(Ceroplastes rusci), la teigne du figuier (Eutromula nemorana) et le psylle du figuier (Homotoma ficus).

Un feuillage abîmé (brun, jaune ou la chute des feuilles) est souvent dû à un manque ou un excès d’eau, un déséquilibre minéral ou une trop forte exposition au vent. Des tâches blanchâtres peuvent être dues à l’oïdium, à une chlorose ou à un virus mosaïque. En dehors de son habitat d’origine, le figuier peut résister au gel hivernal de -15 ° C à -18 ° C mais les fruits mûrissent parfois difficilement et il faut choisir des variétés précoces et surtout parthénocarpiques, dites aussi autofertiles.

Habit de pauvre Oeil d’ivrogne Cou de dévote, telle est la figue mûre à point. Clément Serguie ; « Pour un panier de figues », 1992

 

Bienfaits des figues et des figuiers

Le bois du figuier. de peu d’intérêt jeune, est agréable à sculpter en vieillissant : la légende du « palladlon » en est un illustre exemple, ainsi que des statues dans quelques églises du Var. Il fournissait souvent la vis du pressoir.

Outre la consommation des fruits frais ou séchés. renommés pour leurs qualités nutritives et digestives. on a longtemps utilisé le latex ou lait du figuier contre la lèpre. les maladies de peau, les morsures de chiens. les piqûres de scorpion, et la décoction de figues sèches contre diverses inflammations. Le latex sert encore parfois à cailler le lait. Les feuilles rapeuses elles-même servaient parfois de grattoir à vaisselle 1

Les alcools de figues existent sous des noms divers tout autour de la midlteranée. Nos bouilleurs de cru
« chaptalisaient » parfois, illégalement, avec des figues, les eaux-de-vies de prune qui y gagnaient un délicieux goût d’interdit.
Les Romains utilisaient la figue en cuisine avec les viandes ; elle revient de nos jours accompagner le foie gras par exemple.


Paru dans la « Feuille Arbrissel » N°22
Pour les informations contenues, tenir compte de la date de parution de cet article.

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